« L’ELECTION DU GOUVERNEUR ET VICE-GOUVERNEUR DU SANKURU : DESINTERESSEMENT OU MAUVAISE FOI DU GOUVERNEMENT ? »
Le RECIC suit avec une attention soutenue l’évolution du processus d’organisation de l’élection du Gouverneur et du Vice-Gouverneur du Sankuru. Depuis longtemps, le RECIC, une organisation de la société civile spécialisée dans les questions du suivi et accompagnement du processus électoral, de la gouvernance participative, de la démocratie et des droits de l’homme, a pris acte des signaux positifs suivants en rapport avec l’organisation de ce scrutin :
- La décision N°003/CENI/AP/2026 du 12 Février 2026 portant publication du calendrier réaménagé de l’élection du Gouverneur et du Vice-Gouverneur du Sankuru) ;
- Élaboration du budget de l’ordre de 155.610,00$ (US dollars Cent Cinquante-Cinq Mille Six Cent Dix) pour l’organisation de cette élection ;
- La réception et le traitement de 25 Candidatures par le BRTC ;
- 18 cas de contentieux enregistrés, dont les arrêts ne sont pas encore disponibles au regard du calendrier ;
- Le Courrier du Directeur de Cabinet de la Première Ministre N°CAB/PM/DIRCAB/MO/SEC/2026/466 du 27 Février 2026 demandant respectivement au Vice-Premier Ministre, Ministre du Budget et au Ministre des Finances de liquider et d’ordonnancer le montant relatif à l’organisation de cette élection prévue pour le 07 Avril 2026 ;
- La volonté de la CENI d’organiser cette élection, à travers la publication du calendrier réaménagé, l’ouverture du BRTC, ainsi que les démarches administratives auprès de la Primature et des Ministères du Budget et des Finances pour recouvrer le fonds nécessaire à cette élection.
Quant aux signaux négatifs :
- Aucune suite favorable n’a été réservée à la demande de la CENI par les Ministères du Budget et des finances, et pire encore, à l’instruction de la Primature pour la liquidation et l’ordonnancement dudit Budget ;
- L’évitement d’organiser cette élection par la CENI à travers son communiqué N° 005/CENI/2026 du 20 Mars 2026, faute de moyens mis à sa disposition par le Gouvernement;
- Le refus du Gouvernement de débloquer le fonds sollicité par la CENI pour l’organisation de cette élection.
Tous ces signaux inquiètent et alimentent un climat général de pessimisme sur l’organisation de cette élection.
Le RECIC constate la faible volonté politique du Gouvernement de doter la province des autorités élues. Tout en reconnaissant l’urgence accordée par le Gouvernement aux actions visant la pacification du pays, il ne reste pas moins vrai que le pays doit impérativement continuer à tourner dans le sens d’impulser la bonne gouvernance démocratique dans tous les autres domaines de la vie nationale.
C’est pourquoi, et au regard de ce qui précède, le RECIC recommande :
Au Président de la République :
- D’user de ses prérogatives constitutionnelles de veiller au bon fonctionnement des institutions et à leur bonne collaboration.
Au Gouvernement :
- De faire preuve d’un leadership plus responsable non seulement en allouant les fonds nécessaires à la CENI pour l’organisation de cette élection du Gouverneur et du Vice-Gouverneur de Sankuru, mais aussi en assurant le suivi des instructions données par le cabinet de la Première Ministre quant à ce (Voir lettre N° CAB/PM/DIRCAB/MO/SEC/2026/466 du 27 Février 2026) ;
- Faire preuve de volonté politique en soutenant et en accompagnant effectivement la CENI dans sa mission.
A la CENI :
- D’éviter de prendre des positions extrêmes et de se référer, en ultime recours, au Président de la République, Garant du bon fonctionnement des Institutions, car la question relève de la collaboration interinstitutionnelle ;
- De continuer à faire pression au Gouvernement pour obtenir le décaissement de ladite somme ;
Aux OSC :
- De rester en alerte, en fédérant leurs forces pour un plaidoyer plus efficace auprès du Gouvernement afin de mettre à la disposition de la CENI le fonds exigés pour l’organisation de cette élection afin doter la province des autorités élues ;
- De poursuivre le suivi-contrôle du processus électoral et d’accompagner l’OGE.



